Les 8 Salopards


Un film d’horreur au pays du western !

Les 8 salopards
There is one who wants
to kill us !

Le début marque le pas, avec l’image d’un christ crucifié, on comprend vite que l’épreuve sera dure, car ce n’est pas un western qui nous attend mais bien une descente mortelle au fin fond des enfers, où rien ne nous sera épargné !  En effet, le film de Tarantino, même s’il est ancré dans l’univers du western avec des décors et une époque typique de ce genre, lorgne plutôt du côté des films d’horreurs. De la musique à l'ambiance en passant par les effets, tout concorde à nous mettre dans la tête des images monstrueuses. Même si certains codes du western, comme le duel, réside au sein de cet objet filmique peu conventionnel de nos jours, c’est son côté horrifique hypertrophié qui marque le plus les esprits (en particulier le mien). Pour tout vous dire, j’ai passé 2h50 vraiment difficile sur mon siège, une pression psychologique assez intense pesait sur moi et m’a littéralement vidé de mon énergie. Le film, au-delà de sa violence gore parfois extrême, impose un huis clos d’une force frénétique qui pousse à bout l’esprit et le corps. Le vice et l’effroi opéraient par la beauté sanglante des images et la parfaite mise en scène d’un Tarantino psychopathe, vous tourmenteront bien après la fin de votre séance !

 

 

Bien que le long métrage ait l’apparence d’un western et s’inspire largement de film comme le Grand Silence de Sergio Corbucci, les codes utilisés se rapproche plus du film d’horreur. On pense notamment à The Thing de Carpenter auquel Tarantino fait de nombreux clins d'oeil (le blizzard, les piqués dans la neige). Il lui rend d’ailleurs hommage au travers d’un Kurt Russell impressionnant de charisme qui y tenait le rôle principal. Là où le western communique une emphase des grands espaces, Les 8 Salopards casse assez vite cette idée avec l’imminence d’un blizzard qui vient piéger les protagonistes dans une mercerie. Il détourne donc rapidement l’un des codes phare du western au profit des codes du film d’horreur qui deviennent alors prédominants. On notera une touche de giallo : la couleur jaune traverse le film sur Samuel L. Jackson (giallo = jaune) ou bien la musique d’Ennio Morricone ou encore les effets gore (même s’il se rapproche plus du slasher) et plus particulièrement la fin qui fait référence à une scène de Suspiria de Dario Argento. Il y a aussi un clin d’oeil à Carrie au bal du diable de Brian De Palma. Je n’ai  pas cité toutes les références mais Tarentino est un boulimique de film de genre, il y en a sûrement bien d’autres.

 

 

On pourra reprocher au film son aspect trop bavard mais ce défaut est aussi la marque de son réalisateur. On ne chipotera donc pas trop sur ce point de détail, même si parfois les images auraient pu se substituer aux mots.

En somme, n'espérez pas aller voir un bon vieux western Fordien à la sauce spaghetti mais plutôt un film qui vous prendra aux tripes pendant 2h50, et les fouaillera pour mieux les arracher d’un coup sec au moment le plus propice ! Voilà un film d’horreur gore assumé, aux références digérées, qui vous marquera au fer rougi par la fulgurance des images sanguinolentes qui traversent la pellicule.

 


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